Moyens bénévoles en danger !

 

Le président de la CMCAS,
Cyril Dhaussy

Cher(e) collègue, cher(e) bénéficiaire,

Je tiens à vous informer des conséquences pour votre CMCAS des négociations qui viennent de prendre fin.
Pour rappel : Suite à l’ouverture des marchés de l’électricité et du gaz, seules les entreprises historiques, par l’intermédiaire du Statut, ont l’obligation de financer les Activités Sociales par le biais des ventes de Kwh pour l’électricité et M3 pour le gaz. Cette situation imposait un nouveau mode de financement et la réécriture de l’article 25 du Statut afin de rendre vos Activités Sociales pérennes. Ce que nous avons obtenu ensemble.

Cependant, les employeurs ont saisi ces négociations pour décortiquer l’article 25 et réviser plusieurs thèmes qui y étaient associés :

– Le financement : accord trouvé sur proposition de l’organisation majoritaire pour pérenniser vos Activités Sociales.
– La gouvernance : Gestion ouvrière ou Comité d’Etablissement de droit commun. Accord trouvé pour continuer cette gestion ouvrière (unique en Europe).
– La restauration : reprise de la gestion par les employeurs avec maintien de l’exploitation par la CCAS (moindre mal).
– Les moyens « bénévoles ».

Les moyens « bénévoles », c’est quoi ?

Ce sont des moyens humains, financiers, matériels pris en charge par les employeurs et qui constituent un socle de vos Activités Sociales. Ainsi, ce sont vos collègues, élus ou non, mis à disposition et/ou détachés par les employeurs, construisant et encadrant des Activités Sociales : les administrateurs, les correspondants et les membres de bureau Slvie, les convoyeurs accompagnant vos enfants en colonie, tous les membres des différentes commissions (Santé Solidarité, Loisirs et Culture, Jeunesse, Pensionnés, Sport, Jeunes Agents). Cela représente toute l’originalité, du « PAR et du POUR » ce qui est notre socle commun envié si souvent.

Drôle de négociation…

L’objectif des employeurs est simple : reprendre davantage d’une main que ce qu’ils viennent de céder avec la pérennisation du financement et la reprise de la restauration méridienne. Ils dictent un ultimatum : vous signez l’accord dans lequel figure quelques propositions obtenues par la mobilisation ou nous imposons un référentiel de branche aux dispositions moins favorables que l’accord !

Après consultation de ses syndicats, l’organisation à qui vous avez confié la gestion des Activités Sociales va vraisemblablement signer cet accord. Cette signature ne signifie ni une approbation du recul imposé aux agents et leur famille ni l’arrêt de la mobilisation.

Si cet accord devait s’appliquer en l’état, vous et votre CMCAS disposeraient de :

  •  Des moyens divisés par 2 (dans un 1er temps) pour faire fonctionner vos SLVies (c’est-à-dire 2 fois moins de correspondants, de permanences, de réunions de bureau…), ce qui signifie la fin de la proximité.
  • 13 jours par an, par administrateur, au lieu de 24 jours pour les conseils d’administration, instances où toutes les organisations syndicales s’expriment et décident des orientations.
  • Des moyens divisés par 2 (dans un 1er temps) pour faire fonctionner les commissions de la CMCAS, ce qui signifie la fin des activités proposées PAR les agents POUR les agents.

Ces nouvelles dispositions ne permettront plus de faire vivre vos Activités Sociales telles que vous les connaissez. J’appelle donc les bénéficiaires à obtenir localement par leur mobilisation des moyens supplémentaires afin de maintenir ouvertes vos SLVie et répondre à vos attentes solidaires et de loisirs.

J’ai confiance en votre capacité d’analyse et d’action. Agissons ensemble pour faire progresser nos droits et nos Activités Sociales… Vos élus ont déjà commencé un travail afin de revoir le fonctionnement de notre CMCAS et ainsi contribuer aussi à vous redistribuer plus justement votre salaire socialisé. Je remercie par ailleurs le personnel de votre CMCAS pour leur engagement dans ce défi et l’intérêt porté à la finalité de leur travail. Notre finalité n’est pas un actionnaire, mais bien un bénéficiaire.

Nous pouvons tous le constater, les employeurs sont survoltés avec ces politiques libérales à outrance où les mots d’ordre sont « concurrence et compétitivité ». Qu’attendons-nous ? Doit-on se contenter de l’augmentation de la CSG, de la dérèglementation de l’énergie qui va conduire à la fin du tarif agent en 2023, des 2 000 suppressions d’emplois prévues chez Enedis, de l’annonce de la remise en cause des régimes spéciaux (retraite), du gel des pensions, de celui de votre salaire quand nos entreprises remontent 90 milliards d’euros aux actionnaires en 10 ans ?

Les cheminots dans l’unité syndicale, les hôpitaux, les EPHAD, les pilotes de lignes, l’éducation nationale et même nos enfants universitaires s’organisent pour défendre, non pas leur statut ou leurs « privilèges » mais notre bien commun, le service public et son principe d’égalité d’accès.

Je souhaite que chacun de vous soit attentif aux propositions de rassemblement et de mobilisation dans le secteur de l’énergie comme dans celui des services publics. Nous sommes tous des usagers, « tous le cheminot de quelqu’un », nous avons tous des enfants ou des grands parents concernés, nous devons sauvegarder nos acquis sociaux mais aussi être acteurs pour imposer un projet de société qui réponde à nos besoins.

N’hésitez pas à venir échanger avec vos élus et à soutenir, sous toutes les formes possibles, vos Activités Sociales.

 

 

Author: la rédaction

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